Les origines de la médiation par l'animal et de la zoothérapie
- Francoise Champy
- 2 mars
- 3 min de lecture
La médiation par l'animal est une approche innovante qui utilise les animaux pour améliorer le bien-être des individus et qui connaît un succès croissant dans le domaine des soins. Mais savez-vous d'où elle vient et quelle est son histoire ? Si le phénomène parait récent, il prend racine dans l'antiquité et a été significatif dans de nombreuses cultures et périodes temporelles.
L'Antiquité
Depuis l’Antiquité les animaux jouent des rôles d’accompagnants, de guérisseurs et de médiateurs pour l’humain. En Égypte ancienne, les animaux étaient associés aux dieux et aux forces protectrices. L’équithérapie apparait dans la Grèce antique : Hippocrate la préconisait parmi les activités les plus saines pour rester en bonne santé et guérir de nombreuses maladies.

Mosaïque d'un cheval en pleine course
Le Moyen-Âge
Vers le XIe siècle, la ville Belge de Gheel était la seule ville ouverte à l'accueil des malades mentaux qu'on appelait alors "fous". À l’origine, ils venaient en pèlerinage dans cette ville pour des raisons religieuses. Les visiteurs devenant alors trop nombreux, les fermiers les accueillirent et les mirent au contact des animaux de la ferme et des oiseaux pour qu’ils s’en occupent pendant leur convalescence. Cette pratique montra ses fruits en redonnant aux patients le sens des responsabilités et et en augmentant leur confiance en soi.

Le siècle des Lumières et l'humanisation des soins
La fin du XVIIIe siècle marque une rupture majeure dans les pratiques de soins. En 1796, l’anglais William Tuke, humaniste philanthrope, fonde l’Institut York Retreat, un établissement innovant pour les personnes souffrant de troubles mentaux proposant un cadre bienveillant et non coercitif. Les pensionnaires participaient à des activités incluant le soin aux animaux. Les effets observés étaient nombreux : diminution de l’agressivité, apaisement émotionnel, responsabilisation, amélioration de l’estime de soi.
Cette nouvelle approche a permis de faire un grand pas dans le monde de la psychiatrie et constitue les premières bases concrètes de ce qui deviendra la médiation par l’animal.
En 1867, dans la ville de Bielefeld en Allemagne, des personnes épileptiques étaient soignées grâce au contact avec les oiseaux, les chats, les chiens et les chevaux.
Le XXe siècle : développement de la zoothérapie et de la médiation par l'animal
La zoothérapie et Freud
Au début du XXème siècle, Sigmund Freud apporte une contribution indirecte à la future zoothérapie. Fondateur de la psychanalyse, il met en lumière l’importance du cadre, du climat émotionnel et du non-verbal dans la relation thérapeutique avec le malade.
Freud travaille souvent en présence de son chien Jofi, notamment lors de séances avec des patients anxieux. Il observe que l’animal apaise les tensions, favorise un sentiment de sécurité, facilite la projection émotionnelle, et aide à la régulation du temps lors des séances.
Sans formaliser une méthode, Freud reconnaît la capacité de l’animal à soutenir le processus thérapeutique par sa présence non jugeante.

C’est le psychiatre américain Boris Levinson qui va découvrir par hasard l'intérêt du recours au chien dans la thérapie en 1953. Un matin, Levinson reçoit un appel de parents désespérés car leur enfant autiste doit être interné dans un institut spécialisé. Il accepte de les recevoir et oublie que son chien Jingles est resté dans son cabinet (ce qui lui était interdit). Dès que le couple entre, Jingles se dirige vers l’enfant, le renifle, le lèche et c’est alors un miracle : l’enfant complètement replié sur lui-même, refusant d'habitude toute communication avec le monde extérieur, va se mettre à parler avec le chien et il demandera même à revenir pour le revoir. Levinson introduit ainsi le terme de « Pet Therapy », marquant la reconnaissance scientifique de la zoothérapie.

Et maintenant ? Le succès de la médiation par l'animal
À partir des années 1970, la pratique se développe et se structure. En France, le terme « médiation par l’animal » est privilégié afin de souligner la dimension relationnelle. Des cadres éthiques apparaissent, reposant sur le respect du bien-être animal, la formation des intervenants et l’adaptation aux publics accompagnés.
La médiation par l’animal est aujourd’hui utilisée dans les domaines du soin, de l’éducation, de l’insertion sociale et du développement personnel, dans plusieurs pays comme le Québec.
Depuis de nombreuses études ont été menées pour prouver les bienfaits de l’utilisation de l’animal en thérapie pour la maladie d’Alzheimer, en soins palliatifs…
Conclusion
La médiation par l'animal est une approche prometteuse qui offre de nombreux bénéfices dans le domaine des soins. Les témoignages de patients, de professionnels de santé et d'éducateurs montrent clairement l'impact positif de cette pratique. En intégrant des animaux dans les soins, nous pouvons améliorer le bien-être émotionnel et physique de tout un chacun, tout en créant des liens sociaux essentiels.
La médiation par l'animal vous intéresse ? Que ce soit pour vous-même ou pour un proche, cette approche pourrait être la solution pour une vie plus épanouie, plus sereine et plus joyeuse !
Françoise Champy




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