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La médiation par l'animal : que dit vraiment la science sur ses bienfaits ?

  • Photo du rédacteur: Francoise Champy
    Francoise Champy
  • 22 avr.
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 mai


A Valence et dans toute la Drôme, la médiation par l’animal suscite un intérêt croissant dans les milieux du soin, du médico-social, de l’éducation et de l’accompagnement. Ce n’est plus seulement un sujet d’intuition clinique ou de retour d’expérience : le champ est désormais largement étudié comme un outil thérapeutique.


Les pistes les plus prometteuses concernent les personnes sujettes à l'anxiété et au stress (souffrant de burn-out par exemple), les personnes âgées et hospitalisées, les enfants atteints de trouble du spectre autistique (TSA) ou de trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).


Un chien et un lapin médiateur, sources d'apaisement et de lien social grâce à la médiation par l'animal


L'animal dans la relation thérapeutique : qu'en dit la science ?


L’idée d’utiliser l’animal comme soutien thérapeutique n’est pas nouvelle. Les revues historiques du domaine rappellent que des usages anciens existent, puis que Florence Nightingale a défendu au XIXe siècle la présence d’animaux comme soutien pour certaines personnes malades chroniques. Au XXe siècle, Boris Levinson a ensuite largement contribué à structurer le champ en observant l’effet facilitateur de son chien dans la relation thérapeutique avec des enfants.




Si les animaux sont de plus en plus utilisés comme médiateurs thérapeutiques, il faut bien comprendre qu'ils ne guérissent pas en tant que tel. La science montre que dans certains contextes bien définis, les interventions assistées par l’animal peuvent agir comme complément thérapeutique ou support relationnel, avec des effets mesurables sur des indicateurs émotionnels, comportementaux ou sociaux, bien que les études soient très hétérogènes.



Des effets globalement prometteurs sur le stress et la détresse psychologique


Parmi les constats les plus récurrents, on retrouve une diminution de la détresse psychologique ou du stress perçu dans certaines situations. Selon une étude, l'effet sur la détresse serait modéré à faible, montrant que la seule médiation par l'animal ne suffit pas. En revanche, une méta-analyse sur la thérapie par l'animal rapporte des effets sur la réponse au stress, avec des travaux montrant une atténuation du cortisol et de la fréquence cardiaque en présence d’un chien.



En milieu hospitalier, surtout un intérêt pour l’anxiété, le confort et l’expérience vécue


Dans les contextes hospitaliers, les résultats sont plutôt encourageants, surtout sur le vécu émotionnel. Des travaux anciens avaient déjà montré une baisse de l’anxiété chez des patients hospitalisés en psychiatrie après médiation par l’animal. Plus récemment, une revue systématique sur les patients hospitalisés a remarqué des effets sur la douleur, l’anxiété, la dépression, le stress, la pression artérielle et la fréquence cardiaque. En revanche, chez les enfants et adolescents hospitalisés, la méta-analyse de 2021 n’a pas retrouvé d’effet significatif sur l’anxiété, la dépression, le stress ou la fréquence cardiaque, ce qui rappelle que les bénéfices ne sont ni automatiques ni uniformes selon les publics.



Chez les personnes âgées, des résultats intéressants sur l’humeur, le lien social et parfois la solitude


La médiation par l'animal améliore l'humeur et diminue le sentiment de solitude d'une personne âgée

Concernant les personnes âgées, les méta-analyses et les études montrent des effets significatifs dans les domaines physiologique, psychosocial, cognitif et comportemental. Elles prouvent que grâce à des thérapies, en particulier avec le chien, les seniors montraient des améliorations du fonctionnement social, une baisse importante des symptômes dépressifs et une diminution de la solitude.



Chez les enfants et adolescents avec TSA ou TDAH, les résultats les plus convaincants concernent la communication sociale et le traitement du stress


De nombreuses études s'intéressent au trouble du spectre de l’autisme et au trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité.


Des études montrent les effets de la thérapie assistée par l’animal dans les domaines cognitif, social, émotionnel, comportemental et physique pour les enfants et adolescents avec TSA, avec un potentiel d’amélioration de certains symptômes centraux, notamment la communication sociale et l’irritabilité. Cela ne signifie pas que la médiation animale remplace les autres accompagnements, mais elle peut constituer, pour certains enfants, un support d'aide à la relation, à l’engagement et aux compétences sociales.


Pour les enfants présentant un TDAH, des travaux, dont une étude américaine auprès de 24 enfants, ont montré l’utilité de la thérapie assistée par l’animal, avec une efficacité maximale sur 12 semaines : plus grande amélioration du comportement social et réduction des comportements difficiles. La zoothérapie montre aussi chez eux une baisse de l'anxiété.



Dans la démence, les bénéfices semblent surtout concerner certains symptômes psycho-comportementaux


Pour les personnes vivant avec une démence, la littérature est plus nuancée qu’on ne peut le penser. Une revue Cochrane de 2019 parlait d’un niveau de preuve faible, suggérant que la thérapie assistée par l’animal pourrait légèrement réduire les symptômes dépressifs, sans preuve claire sur d’autres critères. D’autres synthèses plus récentes indiquent néanmoins des améliorations possibles sur certains symptômes neuropsychiatriques, l’agitation ou les interactions sociales, tout en soulignant que la qualité globale des études reste encore limitée.



En conclusion : la médiation par l'animal, un vrai atout thérapeutique sous certaines conditions


Selon les scientifiques, l’animal peut favoriser l’attention, apaiser l’activation émotionnelle, faciliter l’entrée en relation et rendre certaines situations thérapeutiques moins menaçantes.


Les bénéfices sont multiples :

  • Une aide possible sur le stress, la détresse émotionnelle et, dans certains contextes, l’anxiété ;

  • Des effets intéressants l’humeur, le lien social et parfois la solitude chez les personnes âgées ;

  • Un intérêt significatif pour la communication sociale, l’engagement relationnel et l’irritabilité chez certains enfants et adolescents avec TSA ou TDAH ;

  • Des résultats prometteurs pour certains symptômes psycho-comportementaux dans la démence.


D'après plusieurs d'études, la médiation par l'animal est un vrai atout dans la démarche thérapeutique dans des situations et pour des publics bien précis. Une séance isolée est rarement efficace : il est donc nécessaire dinstaurer une régularité et un parcours thérapeutique adapté aux personnes.


Une intervention bien pensée, bien encadrée, adaptée au public et respectueuse du bien-être animal peut devenir un véritable levier relationnel, émotionnel et thérapeutique complémentaire.


Si la médiation par l'animal peut être bénéfique pour vous, un proche ou votre enfant, n'hésitez pas à prendre gratuitement rendez-vous avec moi pour en discuter.



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Sources scientifiques citées :


  • Analyse par exploration de textes des tendances de la recherche en thérapie assistée par les animaux. Shin-Ja Lee, Geun-Hyeon Kim, Yea-Hwang Moon, Sung-Sill Lee. Lien

  • Problématiques méthodologiques et terminologiques liées aux interventions assistées par des animaux : une revue globale des revues systématiques. Antonio Santaniello, Francesca Dicé, Roberta Claudia Carratú, Alessia Amato, Alessandro Fioretti, Lucia Francesca Menna. Lien.

  • Réflexions sur les recherches récentes concernant les interventions assistées par des animaux dans le domaine militaire et au-delà. Christina B. Rumayor, Amy M. Thrasher. Lien.

  • Effets des interactions avec les animaux sur la détresse psychologique chez l'être humain. Molly K. Crossman. Lien.

  • L'effet de la zoothérapie sur la réponse physiologique et subjective au stress : une méta-analyse. Natalie Ein, Lingqian Li, Kristin Vickers. Lien.

  • Les effets de la zoothérapie sur les niveaux d'anxiété chez les patients psychiatriques hospitalisés. S. B. Barker, K. S. Dawson. Lien.

  • Effets de la zoothérapie sur les enfants et les adolescents hospitalisés : revue systématique et méta-analyse. Yongshen Feng, Yeqing Lin, Ningning Zhang, Xiaohan Jiang, Lifeng Zhang. Lien.

  • La zoothérapie comme intervention auprès des personnes âgées : revue systématique et méta-analyse visant à orienter la pratique fondée sur des données probantes. Sun Ju Chang, Jongeun Lee, Hyeran An, Woi-Hyun Hong, Joo Yun Lee. Lien.

  • Interventions assistées par des chiens et résultats chez les personnes âgées en établissement de soins de longue durée : revue systématique et méta-analyse. Briony Jain, Shabeer Syed, Trish Hafford-Letchfield, Sioban O'Farrell-Pearce. Lien.

  • Efficacité de la zoothérapie et des interventions avec des robots-animaux de compagnie dans la réduction des symptômes dépressifs chez les personnes âgées : revue systématique et méta-analyse. David Villarreal-Zegarra, Teodoro Yllescas-Panta, Sofía Malaquias-Obregon, Andrea Dámaso-Román, Nikol Mayo-Puchoc. Lien.

  • L'efficacité de la zoothérapie chez les enfants et les adolescents atteints de troubles du spectre autistique : une revue systématique. Amy Kate Rehn, Victoria Rose Caruso, Saravana Kumar. Lien.

  • Efficacité des activités et thérapies assistées par des animaux dans le traitement des troubles du spectre autistique : revue systématique et méta-analyse. Ningkun Xiao, Vaishnavi Bagayi, Dandan Yang, Xinlin Huang, Lei Zhong, Sergey Kiselev, Mikhail A Bolkov, Irina A Tuzankina, Valery A Chereshnev. Lien.

  • La thérapie assistée par l'animal pour la démence. Nai Ming Lai, Sharon Mei Wern Chang, Siok Shen Ng, Shir Ley Tan, Nathorn Chaiyakunapruk, Fiona Stanaway. Lien.

  • Interventions assistées par des animaux chez les patients âgés atteints de démence ou de troubles psychiatriques : une revue de la littérature. V. Bernabei, D. De Ronchi, T. La Ferla, F. Moretti, L. Tonelli, B. Ferrari, M. Forlani, A. R. Atti. Lien.

  • Effets de la zoothérapie sur les patients atteints de démence : revue systématique et méta-analyse d'essais contrôlés randomisés. Hongyu Chen, Yuanyuan Wang, Minyi Zhang, Ning Wang, Yao Li, Yan Liu. Lien.

  • Effets des interventions assistées par des animaux chez les personnes atteintes de démence : revue systématique et méta-analyse. Sakti Oktaria Batubara, Santo Imanuel Tonapa, Ita Daryanti Saragih, Mulyadi Mulyadi, Bih-O Lee. Lien.

  • Thérapie assistée par des chiens pour les enfants atteints de TDAH. Sabrina E. B. Schuck, Natasha Emmerson, Aubrey Fine, Kimberley Lakes. Lien.

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